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Éloge de l'interdit
Éloge de l'interdit



Sortie: 2010
Editions: Eyrolles

Du bon usage de la haine et du pardon
Du bon usage de la haine et du pardon



Sortie: 2007
Editions: Payot

Condamnés à naître orphelins

- Réflexions - Lundi 27 Juin 2016




Dans l’intention d’aider des couples qui ne peuvent pas avoir d’enfants, et par compassion pour leur malheur, une importante propagande se développe actuellement en faveur de la gestation pour autrui.
Cela part évidemment d’une bonne intention mais on oublie  –ou on ne sait pas– qu’il il faut pour cela infliger une grande souffrance à ces enfants, alors que notre premier souci est au contraire leur donner les meilleures chances d’une vie heureuse.

En effet, si pour l’État Civil un bébé nait le jour de l’accouchement, il n’en est rien en réalité car c’est dès le troisième mois de grossesse que d’intenses échanges affectifs et une sorte de dialogue permanent vont se développer entre une mère et son bébé : en fredonnant des chansons douces, en lui adressant des mots tendres et en l’apaisant, en caressant son propre ventre, elle va inscrire pour toujours cette relation d’amour dans la mémoire sensorielle de son enfant.

Mais ce n’est pas tout car, grâce à ce que Wilfrid R. Bion a appelé « La rêverie de la mère » elle va aussi implanter dans son inconscient la certitude que sa vie sera heureuse : tout le long de sa grossesse, elle va rêver (imaginer) qu’il sera intelligent, en bonne santé, affectueux, entouré d’amis sincères et qu’il réussira parfaitement sa vie professionnelle et affective.

Ce n’est qu’une rêverie, un espoir, mais si le petit être qui grandit en elle ne perçoit pas le sens de ce dont sa mère rêve pour lui, il saisit parfaitement la tendresse et l’amour total et irrévocable qu’elle lui voue. Cela lui donnera un sentiment de sécurité qui le persuadera qu’il va réussir sa vie : une certitude intérieure qui, comme le disait Freud, mène presque sûrement au succès.

Les sages–femmes et accoucheurs savent le lien extraordinaire, fusionnel, qui unit la mère et son bébé, et c’est pour lui faire sentir que ce lien n’est pas rompu qu’ils posent le nouveau–né sur le ventre maternel aussitôt après l’accouchement.

Mais il y a aussi des bébés qui perdent leur mère dès leur naissance et d’autres qui deviennent des orphelins alors qu’ils sont à peine plus âgés : à cause de la guerre, de la pauvreté, de la solitude, sous la pression sociale et parfois même parce qu’elle ne veut pas d’eux.

C’est un grand malheur, car ils se sentiront abandonnés, désolés et perdus. Et ceux qui sont nés d’une mère porteuse devront en plus affronter le fait que ce n’est pas par un douloureux hasard qu’ils sont nés orphelins, mais que ce sont ‘papa’ et ‘maman’ ou ‘papa’ et ‘papa’, qui sont responsables de son malheur.

Ces parents-là ne savaient pas qu’avoir été pendant neuf mois dans le ventre d’une mère qui a donné à son bébé la certitude qu’elle l’aimera pour toujours et d’avoir eu ensuite le malheur de la perdre, ce n’est pas la même chose que de devoir ce malheur à ses parents. C’est une blessure qui ne se refermera jamais : il la niera, la refoulera, lui imposera le silence, parce qu’il aime très fort ses parents adoptifs, et surtout parce qu’il ne supporterait pas de savoir que ce sont eux qui la lui ont infligée.

Un bébé « sur mesure » n’aura pas non plus bénéficié de la ‘rêverie’ de sa mère car il serait inhumain, pour la porteuse, de s’y attacher et de l’aimer passionnément. C’est une femme qui fait un travail qui, comme tout travail  et d’une façon ou d’une autre, sera compensé.

Elle le fera de son mieux mais avec le moins possible d’états d’âme car le donner à d’autres serait alors un tel déchirement qu’elle ne pourrait s’y résoudre, … ce qui arrive parfois.

Il vaudrait mieux que ces futurs parents aient le grand courage et l’abnégation d’accepter de réparer, en l’adoptant, l’injuste souffrance infligée à un bébé qui n’a plus sa mère, et d’être ceux qui lui donneront tout leur amour, le serreront dans leurs bras, seront toujours là pour l’aider.

Cette possibilité est malheureusement rare car des lois restreignent l’adoption, ou même l’interdisent, dans presque tous les pays.

La seule possibilité de devenir des parents aimants qui leur reste est donc la gestation pour autrui, c’est–à–dire d’avoir recours à une « mère porteuse ».

Je comprends la souffrance que serait un renoncement à leur rêve, mais je sais aussi  la souffrance de ces enfants sans mère et, pour moi, la priorité est et sera toujours l’enfant.

© Gabrielle Rubin - Tous Droits Réservés

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Les Bonnes Âmes

- Réflexions - Dimanche 17 Janvier 2016


Préface : Ce texte devait être publié le samedi 14 Novembre, mais en apprenant les effroyables attentats de la veille, j’ai pensé qu’on ne pouvait penser ni parler de rien d’autre, et je l’ai remis à plus tard.
J’ai ensuite compris qu’au-delà leurs évidentes différences, Daech et les pollueurs ont un point commun : ils sont tout les deux du côté de la pulsion de mort.
Daech veut tuer notre corps et notre esprit en détruisant nos valeurs : la liberté d’opinion, l’égalité, devant la Loi, la fraternité qui accepte ceux qui sont différents.
Les pollueurs, pour leur jouissance immédiate, vont détruire tout ce qui vit sans se poser de questions.
Mais nous sommes vivants, nous aimons la vie et c’est elle qui est la plus    
forte.


Les Bonnes Âmes

Mon titre est à peine ironique, tant les personnes dont je vais parler sont persuadées d’apporter une aide efficace à leurs amis lorsque ceux–ci sont dans la peine, sans se douter qu’en toute innocence ils n’ont fait que l’aggraver : satisfaits d’eux–mêmes et surs de leur bonté, ils quittent sereinement celui ou celle dont ils viennent d’augmenter le malheur.

Jaques, par exemple, avait perdu presque en même temps son travail et son épouse partie avec un autre, et se trouvait pour cela en pleine dépression.
Il faisait tout son possible pour sortir de cet état, prenait régulièrement les remèdes prescrits par son médecin et essayait de suivre les conseils des amis qui voulaient lui remonter le moral. Mais même Paul, qui venait pourtant le voir presque chaque jour et qui était le meilleur d’entre eux, n’arrivait pas à le sortir de sa morosité.
Tout à son dévouement, et voyant la mine défaite et le regard mélancolique de son ami, Paul s’acharnait à lui expliquer que ce n’était qu’un mauvais moment à passer, qu’il était jeune et en bonne santé et que grâce à son courage et à ses grandes capacités, il allait bientôt retrouver la joie de vivre.
C’est ce qu’on dit généralement aux déprimés mais cela restait sans effet, ce qui désolait Paul, qui ne savait plus quoi faire pour aider son ami.
Jour après jour, il lui avait répété ces arguments sous différentes formes, attristé par son peu de succès mais persuadé d’avoir tout fait pour l’aider, alors qu’un peu d’empathie lui aurait permis de sentir que son intervention était plus qu’inefficace : elle aggravait le mal du malheureux déprimé qui s’était senti encore plus incompris, encore plus seul qu’avant cette visite, comme abandonné par celui qui était le plus à même de l’aider.
Jacques m’avait parlé de ce sentiment d’isolement avec fatalisme, persuadé comme il l’était d’être définitivement destiné au malheur, jusqu’au jour où il avait enfin avait laissé éclater sa colère contre Paul en l’accusant d’être un mauvais ami.
C’était injuste, mais c’était un bon signe car, au lieu de penser et de dire que c’est normal d’être déprimé, qu’on ne peut se fier à personne et que lui, en tout cas, était seul au monde depuis toujours et pour toujours, sa colère montrait qu’il commençait à sortir de sa dépression puisque au lieu de penser que le malheur est inéluctable et définitif, il en accusait une personne.
Ce que sans le savoir il reprochait à son ami, c’était d’avoir été incapable de « se mettre à sa place » comme le disent si bien les mots. Mais Paul, parce qu’il n’était pas déprimé, pouvait utiliser les arguments de la réalité, en oubliant que Jacques, tout en connaissant ces justes raisons, était incapable de les utiliser car la dépression peint tout en noir et ne prend en compte ni les souvenirs heureux et consolants, ni l’espoir d’un futur favorable.
Les deux amis soudain ne se comprenaient plus et Paul, momentanément dépourvu d’empathie, était incapable de ressentir ce que Jacques éprouvait.
Pour comprendre la détresse de son ami, Paul aurait du penser comme Jacques, sentir comme lui, souffrir comme lui, avant de redevenir lui–même pour pouvoir trouver les mots et les gestes capables d’adoucir –un peu– la douleur de son ami.

Un autre exemple est celui d’une de mes parentes, vieille dame âgée mais à l’esprit encore alerte, que la réaction de ses parents et amis lorsqu’elle se plaignait de ses douleurs, exaspérait : à peu près inévitablement la réponse était : « Mais c’est normal à ton âge ! » phrase dont le ton, généralement guilleret, augmentait sa colère.
Jusqu’au jour où, oubliant la politesse, elle avait vertement répondu que le fait que ce soit normal ne diminuait en rien sa souffrance.
Et le pire, ajouta-t-elle, était la réaction de ses interlocuteurs : mi étonnée, mi amusée, comme s’ils s’apercevaient tout à coup d’un fait étrange, mais qui n’avait rien avoir avec eux–mêmes, ni maintenant  –ce qui était vrai– ni plus tard, –ce qui ne l’était pas.
Lorsque cela se produisait elle avait l’impression d’appartenir à une autre espèce, celle où il est normal de souffrir, et donc où il est normal que nos amis ne soient pas compatissants envers nous.
Là aussi l’empathie manquait, bien qu’elle n’eût pas été suffisante à elle seule. En effet, si l’empathie une faculté que tout les êtres vivants possèdent depuis la nuit des temps, la possibilité de s’identifier –provisoirement ou non– à un autre n’implique pas que ce soit nécessairement pour lui faire du bien.
Ainsi les ruses de la mère oiseau, qui fait semblant d’être blessée pour attirer sur elle l’attention du renard, est destinée à sauver ses oisillons et non à faire du bien au prédateur, comme l’est aussi le cas de nombreuses autres espèces animales –et végétales– qui se dotent d’un aspect rebutant ou attrayant pour berner leur prédateur et sauver ainsi leur vie ou celle de leurs descendants.

Il est vrai que la plupart des théoriciens (1) préfère alors parler de mimétisme ou d’homotypie, réservant le terme d’empathie aux seuls humains, mais lorsque il s’agit d’animaux tels que les mammifères, la distinction se fait beaucoup plus floue (2).
On voit que l’empathie se traduit par une adaptation corporelle –qui peut être permanente– chez les animaux, mais par une capacité psychique –qui doit être passagère– chez les être humains, et que c’est l’évolution qui a donné aux plus faibles les instruments de leur survie.
Pour nous, être en empathie avec une autre personne –réelle ou imaginaire– fait partie de tous les instants de notre vie. On en a besoin pour protéger sa vie et celle des siens, pour réussir ou pour en tirer du plaisir. Ainsi, celui qui espère un emploi essaye de s’identifier au patron pour répondre à ses critères de choix, le profileur s’identifie au criminel, et le général essaye de découvrir la façon de penser et de réagir de l’ennemi.

C’est pour notre plaisir que nous nous identifions au héros de la pièce de théâtre et du film que nous voyons ou à celui du roman que nous lisons.
Il s’agit d’une autre facette de l’empathie, où s’identifier à l’autre, entrer en résonnance avec lui, nous rend plus important à nos propres yeux.
Ainsi, suivant le moment et notre caractère, nous choisirons une représentation romantique, héroïque, historique ou même sado–masochiste –et les amateurs de ce genre de spectacle ne sont pas les moins nombreux– qui nous permet de nous identifier, sans danger, à tel ou tel personnage.
Pour que la définition généralement admise du terme empathie soit juste, il faut lui ajouter une dose de sympathie (3) , car c’est elle qui rend plus légère la souffrance de l’autre.
Ainsi, lorsqu’une maman câline son petit enfant et met un bisou sur le petit bobo qu’il s’est fait en tombant, celui ci arrête de pleurer et retourne jouer  calmement : il a –ou il croit avoir– moins mal. Et lorsqu’un de nos amis a partagé notre peine, nous lui disons : ‘‘merci, tu m’as vraiment soulagé/e’’ : le fardeau s’est fait plus léger parce que cet ami en a pris une part.
On voit que l’empathie et la sympathie régissent la plupart de nos échanges, et que si elles nous font défaut nous perdons une grande part de notre vie affective : nous devenons aussi froids et indifférents que des machines.

Ces deux qualités ne sont cependant pas toujours présentes, même chez ceux qui en sont les plus fortement dotés. On ne sait pas bien pourquoi elles jaillissent à certains moments et non à d’autres, et leurs effets peuvent être différents : le manque d’empathie/sympathie de Paul avait causé une véritable souffrance à Jacques, tandis que celui de ses amis avait surtout irrité ma parente.
Dans la majorité des cas heureusement, le dommage n’est pas irréparable.

Tout autre est mon troisième exemple, celui d’un certain manque d’empathie/sympathie pour nos enfants et petits enfants.
Une telle phrase nous fait bondir d’indignation parce que nos enfants sont ce que nous avons  de plus cher au monde, que nous sommes prêts à tout sacrifier, et jusque notre vie, pour eux et que nous employons toutes nos forces dans ce but.
On refuse avec horreur une telle accusation, car nous voulons de tout notre cœur être les meilleurs parents possibles pour nos enfants et petits–enfants et préparer pour eux une vie sereine et heureuse.
Et pourtant, par notre incapacité à nous mettre à leur place (à nous identifier à eux) nos actes disent parfois le contraire.
Le couple sympathie/empathie est en effet ‘à éclipses’, et on ne sait pas pourquoi ces facultés tantôt s’activent et tantôt restent inertes.

Notre capacité de nous mettre ‘à la place de l’autre’ s’est par exemple brusquement réveillée quand nous avons découvert la photo du corps d’Aylan, celle d’un petit garçon abandonné, oublié sur une plage et infiniment solitaire, mort à cause d’une des ignobles guerres que se font les adultes.
On avait pourtant déjà vu quantité de photos d’hommes, de femmes, d’enfants martyrisés et tués. Mais c’est devant cette photo là, ce petit enfant là, que des centaine de milliers –peut être des millions– de personnes ont pris conscience d’une horreur qu’ils voyaient jusque là sans la faire leur.
Peut–être  parce qu’ils ont cru voir, à la place d’Aylan, le petit corps de leur propre enfant ? Mais, tout à coup, l’infamie et l’injustice de cette mort leur ont semblé insupportables.
Pendant un moment nous nous sommes tous mis à la place de l’Autre –celle du bébé ou celle de ses parents– et ce moment d’empathie a changé notre regard sur tous ceux, jeunes ou vieux, qui cherchent notre l’aide.

Alors je me demande quelle photo, quel article, quel leader sera capable de nous faire éprouver la même empathie/sympathie pour nos enfants et nos petits enfants, et combien d’entre nous sont prêts à sacrifier quelques uns des gadgets –ou des réelles inventions– qui nous facilitent la vie afin de leur laisser un monde vivable ?

Nous savons que nous polluons sans mesure, que peu à peu nous détruisons notre environnement, que les animaux et les forêts, dont la perte équivaudrait pourtant à un arrêt de mort  pour le vivant en général et pour l’humanité en particulier, disparaissent de plus en plus vite.   
Aveugles et sourds, nous refusons d’accepter certains sacrifices, pourtant relativement légers, mais indispensables si nous voulons vraiment laisser à nos descendants une Terre où il fait bon vivre.

Après avoir vécu en paix avec son environnement pendant des millénaires, l’humanité est maintenant devenue une espèce invasive qui détruit tout sur son passage.
Voulons–nous donc léguer à nos enfants un monde en ruines ?

Quelques voix consolatrices se font entendre : Hervé Le Bras, par exemple, nous rappelle en conclusion d’un article  qui fait froid dans le dos (4), que « Les prévisions des démographes sont parfois fausses ».        
Mais quels parents serions nous si nous étions capables de laisser au hasard ou à la chance le choix d’assurer (peut–être) l’avenir de nos enfants ?

© Gabrielle Rubin - Tous Droits Réservés


(1) Robert Vischer reprend en 1873 les  idées de son père Théodore dans sa ‘Thèse Doctorale’ à ce sujet.
(2) Cf. Konrad Lorentz et plusieurs autres éthologues.
(3) Du grec Syn = avec et de pathos = douleur. ‘Participation à la joie  ou à la douleur d’autrui’ (Dictionnaire Larousse).
(4) Le Point n° 2245

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"Pourquoi l'interdit rend nos enfants intelligents"

- Actualités - Vendredi 25 Septembre 2015


Chers Amis, chers Lecteurs,

J’ai le grand plaisir de vous annoncer que mon ouvrage "Pourquoi l’interdit rend nos enfants intelligents", vient de sortir, hier 24 septembre, aux éditions Eyrolles !

Cet ouvrage, initialement paru sous le titre "Eloge de l'Interdit, Interdit créateur et interdit castrateur", a fait l'objet d'un reconditionnement à l'occasion de son deuxième tirage (nouvelle couverture et nouvelle maquette). Le texte reste inchangé par rapport au tirage précédent.

Je vous propose d’en découvrir ci-dessous le texte de présentation :

De nos jours l’interdit n’a pas bonne presse. La transparence est devenue la valeur suprême, le mystère n’a plus la cote. Pourquoi faudrait-il interdire quand nous voudrions pouvoir tout dire, tout montrer et tout faire, selon une légitime aspiration à la liberté ?
Nous oublions que sans interdit, nous ne pourrions ni penser ni créer. Refuser l’interdit c’est nous priver du champ nécessaire à l’épanouissement de notre pensée et de notre capacité créatrice. « Rien n’est plus passionnant » nous dit l’auteur, « que d’ouvrir la porte qui cache le secret qu’on croyait impossible à connaître, et c’est cela qui a motivé tous les découvreurs : les scientifiques, les artistes, les explorateurs, les ingénieurs et tous les créateurs ». C’est aussi grâce à l’interdit, en d’autres termes aux limites, que l’enfant utilise sa soif d’apprendre, développe son intelligence et apprend à vivre avec les autres.
En s’appuyant sur la littérature, l’art et le sport, l’auteur nous montre que les interdits sont la condition de notre épanouissement psychique et les garants de notre liberté de penser.


http://www.editions-eyrolles.com/Livre/9782212560817/pourquoi-l-interdit-rend-nos-enfants-intelligents

Merci pour votre attention et pour votre fidélité.

Avec toute mon amitié,
Gabrielle

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