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Plaidoyer pour l'abolition de la peine de vie

- Réflexions - Lundi 22 Juin 2015

Plaidoyer pour l'abolition de la peine de vie

Plaidoyer pour l'abolition de la peine de vie

En 1981, sous l’impulsion de Robert Badinter, nos députés ont voté l’abolition de la peine de mort, une loi que la plupart des Français approuvent.
Aujourd’hui, nos députés refusent de voter l’abolition de la peine de vie, alors qu’on la demande pour des raisons valables et dûment contrôlées.

En 1981, nos députés ont montré de la compassion pour des criminels, quels que soient leurs forfaits et malgré les malheurs dont ils sont responsables, et les Français estiment qu’ils ont bien fait.
Aujourd’hui les députés refusent d’entendre les supplications de ceux qui ont pour seul tort d’avoir une maladie incurable et douloureuse, auxquels ils refusent le droit de trouver enfin le repos après tant de souffrances.

Faut–il alors penser que nos élus éprouvent plus de compassion pour les criminels que pour les malades ?

J’ai souhaité l’abolition de la peine de mort et je désire maintenant plaider pour l’abolition de la peine de vie, pour ceux qui le demandent de façon consciente et répétée et après consultation de personnes qualifiées.

Ceux qui s’opposent à l’abolition de la peine de vie pensent être du côté du bon et du juste. Faut–il leur rappeler que la vie est un bien inestimable, que la conserver est le désir premier de tous les êtres vivants, et que lorsqu’on est prêt à y renoncer et à quitter tout ce qui faisait notre joie de vivre, c’est que la douleur est au-delà du supportable.

Les soins palliatifs ne sont malheureusement pas une réelle alternative parce qu’ils ne peuvent accueillir qu’un faible pourcentage de patients et que certaines douleurs ne peuvent pas être soulagées avec les moyens dont nous disposons actuellement.

Il vaudrait mieux, plutôt que de condamner à la peine de vie ceux qui souffrent sans espoir d’amélioration, tendre une main fraternelle à ceux qui veulent mourir pour un désespoir amoureux, pour un emploi perdu, pour un échec professionnel, et à tous ceux qu’on peut encore sauver.

Gabrielle Rubin, membre depuis de nombreuses années de L’ADMD.      
« Association pour le droit de mourir dans la dignité. »
http://www.admd.net/